Au départ et au cœur de l’innovation, il y a l’inventeur, le concepteur, le porteur d’idées nouvelles, professionnel du tourisme ou non, géniteur (et parfois gestionnaire) de l’innovation.
Mais l’innovation, l’idée nouvelle, jaillit presque toujours au contact du client, soit que ce dernier innove dans la manière d’appréhender ou de commander un produit, soit qu’il proclame une envie, un besoin, une intention, signifiant un manque avéré à pallier, soit enfin qu’il détourne un usage prévu et par là même innove dans la consommation du produit puis dans le produit lui-même.
La complémentarité du professionnel et du client est indispensable pour que l’idée nouvelle ou la pratique nouvelle, devienne le ferment de l’innovation, à l’origine d’une « nouveauté ».
De même que la rencontre du professionnel et d’un territoire d’accueil permet l’implantation concrète d’une innovation, de même celle du professionnel et du client permet l’exercice de l’innovation, sa durée, voire sa diffusion.
Ne peut-on même considérer que l’innovation naît, peut naître, doit croître de la connaissance qu’a l’entreprise des désirs, des réactions, des idées, des valeurs, des comportements de ses clients actuels et de ses clients potentiels ?
Comment peut-on favoriser la logique d’adaptation (prise de conscience du mouvement, de l’évolution, de la dynamique de toute situation) ou la logique de visionnaire, qui va placer son rêve dans l’immédiate actualité de son projet personnel ?
Comment peut-on repérer les signes d’une potentielle innovation dans les comportements des clients ?
Comment favoriser l’innovation dans le tourisme en permettant des rencontres privilégiées entre les clients et les professionnels ?
Autant de questions que nous devons nous poser pour favoriser l’innovation dans le tourisme.
Déjà 3 réactions, venez prolonger le débat !
Le développement très rapide de la concurrence interne au secteur du tourisme amènen à considérer aujourd’hui ce secteur d’activités tout jeune, comme entrant de plain pied dans l’économie du marché.
Les destinations touristiques traditionnelles, celles de l’Europe de l’Ouest pour faire simple, quoique âgées de moins d’un siècle pour la grande majorité, connaissent une érosion régulière de fréquentation, érosion structurelle parfois accélérée par des phénomènes conjoncturels.
Cette situation devrait se poursuivre, résultat entre autres phénomènes, de l’augmentation de l’offre concurrente (3 fois plus d’offres à l’horizon 2030 pour 2 fois plus de demandes), du vieillissement et de la sortie de marché d’une partie de l’offre rendue obsolète, de la modification de la structure démographique de la population mondiale et plus particulièrement de l’hémisphère Nord, enfin de l’évolution climatique.
Le tourisme se développe partout sur la planète, que ce soit au sein même des pays émergents, à destination de leurs populations et des étrangers, que ce soit au sein des pays dits en voie de développement, quasi-exclusivement orientés vers les populations de touristes étrangers, cette activité pouvant constituer la ressource principale, voire unique, pour bon nombre de populations.
S’implantant dans des territoires neufs, vierges, ne bénéficiant pas des avancées et des progrès en matières sociales, réglementaires, etc … des projets très nombreux voient le jour, soit copies de modèles existants, correspondant à une demande confirmée et assurant un retour sur investissement prometteur, soit innovants, inventifs, décalés, trouvant leurs publics au sein de niches plus ou moins étoffées.
Car l’innovation est aussi présente – ou pour le moins trouve des terrains d’expression – dans ces réalisations exotiques.
Que l’on pense à Dubaï et ses pôles touristiques indoors luxueux, ou aux multiples initiatives de séjours touristiques responsables, éthiques, solidaires, écologiques dans nombre de pays d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Asie, en passant par les lodges écotouristiques de Marlon Brando sur les Iles …, la multitude des nouvelles offres, des nouveaux produits, des nouvelles prestations contribue à ouvrir les champs touristiques et à diversifier les attentes, les aspirations et les références pour un public de plus en plus curieux, sollicité, mature, exigeant.
La concurrence s’est-elle emparée de l’innovation au détriment de nos destinations matures ?
Comment nous inscrire durablement dans ce mouvement inéluctable et nous réapproprier une part de l’innovation nous permettant de faire évoluer nos offres ?
Comment positionner nos offres, souvent décalées en termes de prix et de contenus, comment les adapter aux nouvelles attentes, aux nouveaux comportements présents et prévisibles ?
Quels exemples pouvons-nous analyser pour nous servir de modèle ?
Déjà une réaction, venez prolonger le débat !